• TROUBLES REVOLUTIONNAIRES : Les Généraux Républicains

  • Louis Marie Turreau, dit Turreau de Garambouville ou encore Turreau de Linières (né le 4 juillet 1756 à Évreux et mort le 10 décembre 1816 à Conches).

     

    SOURCESAvant la Révolution, il n’a pas une réelle activité militaire : il entre bien aux Gardes du corps du comte d’Artois, mais n’est inscrit que sur les rôles surnuméraires (il est alors simple remplaçant).

    À la Révolution, il entre dans la Garde Nationale de Conches, et en prend la direction en juillet 1792. En septembre, il se fait élire capitaine d’une compagnie de volontaires de l’Eure, et part combattre sur les frontières du Nord. Il est nommé colonel en novembre, et intègre l’armée de Moselle.

    En juin 1793, il intègre l’armée des côtes de La Rochelle, jusqu’au 8 octobre. Cette affectation ne lui plaît pas, il écrit d’ailleurs à un ami : « Je remuerai ciel et terre pour ne pas aller en Poitou. Cette espèce de guerre me déplaît ». Il combat néanmoins deux mois en Vendée. Il est ensuite nommé à la tête de l’armée des Pyrénées orientales jusqu’au 27 novembre, avant d’être à nouveau nommé dans l’Ouest, commandant en chef de l’armée de l'Ouest. Il arrive à sa nouvelle affectation sans enthousiasme le 29 décembre, alors que les derniers éléments de l’Armée catholique et royale sont écrasés par Kléber et Marceau à Savenay le 23.

    Chargé par le gouvernement révolutionnaire d’aller réprimer le soulèvement vendéen, il le fait avec le plus grand zèle en instaurant les trop célèbres colonnes infernales. 160 000 personnes périssent en quatre mois.

    Turreau est nommé le 20 mai gouverneur de la place de Belle-Île, puis est arrêté le 28 septembre. Il passe toute une année en prison, et en profite pour rédiger ses Mémoires pour servir à l’histoire de la Vendée. Il refuse l’amnistie du 4 brumaire an IV qui clôt les travaux de la Convention nationale, afin d’être réhabilité sans équivoque. Le 19 décembre 1795, il est acquitté par un tribunal militaire qui juge qu’il n’a fait qu’exécuter les ordres et non qu'il a eu un rôle de premier ordre.

    Sous le Consulat, il est envoyé en Suisse. De 1803 à 1811, il est ambassadeur auxÉtats-Unis, puis commandant de plusieurs places militaires.

    En 1814, il se soumet à Louis XVIII. Pendant les Cent-Jours, il publie le Mémoire contre le retour éphémère des hommes à privilèges. La Restauration ne l’a pas poursuivi, ni pour ce libelle, ni pour les colonnes infernales.

    Il est sur la liste des bénéficiaires de la croix de Saint-Louis, mais meurt avant qu’elle ne lui soit remise au cours d’une cérémonie (donc ne l'a jamais obtenu). Il fait partie des 660 personnalités à avoir son nom gravé sous l’Arc de triomphe de l'Étoile. Il apparaît sur la 15colonne (l’Arc indique TURREAU)


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  • Louis Lazare Hoche (né le 25 juin 1768 à Versailles et mort le 19 septembre 1797 à Wetzlar)

     

    LA GUERRE DE CENT ANS : Les évènementsEn août 1794, il est appelé à la tête des armées de Brest et de Cherbourg pour pacifier l'Ouest de la France (Vendée et Bretagne).

    Il rétablit la discipline, adopte une tactique efficace contre la guérilla des Chouans (camps et unités mobiles), et signe les accords de paix de La Jaunaye le 15 février 1795 avec les Vendéens.

    Du côté chouan, il signe, sans y croire, les accords de la Mabilais le 20 avril 1795. Mais plusieurs chefs ne les signent pas, l’accord est transgressé puis rompu au bout d’un mois.

    Hoche est prévenu d’un débarquement à Carnac. il fait repousser les débarquements britanniques (dont celui des émigrés dans la presqu'île de Quiberon, en juillet 1795), et défait les Chouans. Il obtient alors le commandement de toutes les armées de l’Ouest.

    Prévoyant une seconde tentative, il dispose des troupes sur la Sèvre nantaise afin d’empêcher une concentration des forces vendéennes, et empêche le débarquement de l’île d'Yeu en s’y présentant avant les Britanniques.

    Il désarme systématiquement la Vendée : la pression s’effectue par réquisition, et prise d’otages.

    Son rapport à Paris est approuvé, et il obtient le commandement de l’armée des côtes de l’Océan. Son second, Travot, capture Charette le 23 mars 1796.

    Hoche achève alors le désarmement de l’Anjou, et la pacification est officiellement proclamée le 15 juillet.


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  • François-Joseph Westermann (né à Molsheim (Alsace) le 5 septembre 1751, guillotiné à Paris le 5 avril 1794)

     

    LA GUERRE DE CENT ANS : Les évènementsIl servit d'abord dans un régiment de cavalerie, qu’il quitta en 1773 pour la gendarmerie. Il adhéra pleinement à la Révolution et devint greffier de la municipalité de Haguenau.

    Venu à Paris, il prit part à la journée du 10 août, et fut un des premiers à pénétrer aux Tuileries. Nommé adjudant-général, il servit sous Dumouriez à l’armée du Nord. Arrêté après la trahison de celui-ci, il fut relaxé le 4 mai 1793.

    Nommé général de brigade le 15 mai 1793, il fut aussitôt affecté comme commandant en chef de l’armée des Côtes de La Rochelle. Le 18 juin 1793 pourtant, c’est Marat qui, à la Convention nationale, le dénonça « comme agent de Dumouriez » et pour « ses exactions en Belgique, pour soulever les Belges contre nos armées et anéantir leur réunion », dira-t-il.

    En Vendée, pourtant, son caractère implacable en fit la terreur des contre-révolutionnaires. Le 20 juin 1793, avec 1200 hommes, il prit d'assaut Parthenay, que défendait Lescure avec 6000 Vendéens.

    Il écrivit au Comité de salut public une lettre contenant le passage suivant, resté célèbre :

    « Il n’y a plus de Vendée. Elle est morte sous notre sabre libre, avec ses femmes et ses enfants. Je viens de l’enterrer dans les marais et dans les bois de Savenay. Je n’ai pas un prisonnier à me reprocher. J’ai tout exterminé ».

    Rappelé à Paris, après la bataille de Savenay du 23 décembre 1793, cet ami de Danton fut proscrit avec lui. Traduit devant le Tribunal révolutionnaire, il fut condamné à mort et guillotiné le même jour que les dantonistes.

    Lors de son procès, Danton nie être lié à Westermann :

    « On me parle aussi de Westermann, mais je n’ai rien eu de commun avec lui ; je sais qu’à la journée du 10 août, Westermann sortit des Tuileries, tout couvert du sang des royalistes, et moi je disais qu’avec 17 000 hommes, disposés comme j’en aurais donné le plan, on aurait pu sauver la patrie. »

    En 2010, des rues, dont une à Paris et une autre à Pantin, ainsi qu'un bateau de croisière sur le Rhin, portent encore le nom de celui qui fut surnommé "le boucher de la Vendée".


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  • Jean-Baptiste Kléber (né le 9 mars 1753 à Strasbourg, assassiné le 14 juin 1800 au Caire en Égypte)

     

    LA GUERRE DE CENT ANS : Les évènements

    Lors de la déclaration de guerre de 1792, Kléber s'engage dans l'armée du Rhin et s'illustre dans la défense de la forteresse Mayence assiégée en 1793.

    Devenu général de brigade, il est envoyé en Vendée à la tête de la provisoire armée de Mayence pour y écraser le soulèvement. Battu à la Bataille de Tiffauges, Il remporte la victoire à la Bataille de Montaigu, à la Bataille de Cholet, à la Bataille du Mans et finalement à la Bataille de Savenay (décembre 1793). Il clôt ainsi la « grande guerre » vendéenne.

    Il déclara : « Les rebelles combattaient comme des tigres et nos soldats comme des lions »

    Après Savenay, et le départ de Marceau, Kléber devient général en chef par intérim jusqu'à son remplacement, début janvier, par Louis Marie Turreau.

    Kléber tente de s'opposer aux colonnes infernales en préconisant un plan d'occupation militaire stricte de la Vendée qui est rejeté. Cependant, Kléber reste dans l'Armée de l'Ouest et combat les Chouans de Bretagne jusqu'en mai 1794, date à laquelle il quitte définitivement l'Ouest et passe dans l'Armée du Nord.

    Tombé dans la disgrâce du Directoire, il vivait obscurément à Chaillot, quand Napoléon, en novembre 1797, arriva de Rastadt, après avoir conquis l'Italie, dicté la paix sous Vienne et pris possession de Mayence. Kléber s'attacha à son sort et le suivit en Égypte.

    Lors de la campagne d'Égypte, Napoléon Bonaparte, alors qu'il s'apprête à regagner la France, confie le 22 août 1799 à Kléber le commandement suprême de l'armée d'Égypte. Kléber conclut alors avec l'amiral britannique Smith la convention d'El Arich (24 janvier 1800) pour une évacuation honorable d'Égypte par l'armée française, défaite.

    Mais l'amiral Keith ne respecte pas ces clauses et demande aux Français de mettre bas les armes et de se constituer prisonniers.

    Kléber déclara à ses soldats : « On ne répond à une telle insolence que par des victoires ; soldats, préparez-vous à combattre » (déclaration inscrite au bas de son monument Place Kléber à Strasbourg).

    LA GUERRE DE CENT ANS : Les évènements

    Kléber reprend alors les hostilités et remporte une ultime victoire à Héliopolis contre les 30 000 Turcs que les Britanniques avaient disposés en face des troupes françaises le 20 mars 1800.

    Il reconquiert alors la Haute-Égypte et mate avec l'artillerie une révolte au Caire.

    Kléber semble enfin en mesure de tenir le pays, malgré les exactions commises à l'égard de la population, le massacre des prisonniers turcs, le manque de respect envers la religion et la profanation constante des mosquées par les troupes de l'expédition, quand il est assassiné par un étudiant syrien, nommé Soleyman el-Halaby, d'un coup de poignard dans le cœur, le 14 juin 1800.


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  • Augustin Tuncq, né à Conteville (Somme) le 27 août 1746, mort à Paris le 9 février 1800 

     

    Tuncq entra dans l'armée comme simple soldat en 1762, puis devint capitaine à la légion des Pyrénées en 1780.

    Lors de la Révolution française Tuncq fut envoyé combattre en Vendée, en juin 1793, il remplaça le général Sandoz à Luçon, destitué pour fuite, et fut promu au grade degénéral de brigade.

    Le 30 juillet, il fut attaqué par 15 000 Vendéens qu'il repoussa avec seulement 2 400 hommes bien que disposant de l'avantage du terrain. Tuncq s'opposa cependant à son général en chef Jean Antoine Rossignol commandant en chef de l'Armée des côtes de La Rochelle qu'il accusa d'incompétence.

    Rossignol le fit destituer mais le jour prévu pour son départ, la ville de Luçon fut attaquée par les Vendéens.

    Les représentants en mission Jean François Marie Goupilleau de Fontenay et François-Louis Bourdon lui ordonnèrent alors de réintégrer temporairement son commandement. Avec 6 000 hommes, il repoussa une seconde fois une armée de 35 000 Vendéens le 14 août, puis il occupa Chantonnay.

    Soutenu par les représentants, cette victoire lui valut le grade de général de division.

    Blessé, suite à chute de cheval, il abandonna son armée pour se faire soigner à La Rochelle, mais le 5 septembre, ses troupes furent écrasées par les Vendéens à labataille de Chantonnay.

    Son second le général Lecomte l'accusa d'être responsable de la défaite en n'ayant pris aucune disposition sur les défenses, de l'avoir laissé sans renseignements et d'être parti avec les cartes et les correspondances.

    Rossignol en profita et fit destituer Tuncq et le mit au arrêt le 12 septembre. Envoyé à Paris, accusé par les Hébertistes, échappa de peu à la guillotine grâce à l'exécution de Hébert.

    Tuncq fut finalement réintégré dans son rang en novembre 1794.

    Grièvement blessé suite à une chute de voiture, Tuncq mourut à Paris à l'Hôpital du Val-de-Grâce le 9 février 1800.


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