• TROUBLES REVOLUTIONNAIRES : Les Colonnes Infernales

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    TROUBLES REVOLUTIONNAIRES : Les Colonnes Infernales

    Les colonnes infernales désignent les opérations menées par les armées républicaines du général Turreau lors de la guerre de Vendée (1793 - 1796), en France, afin de détruire les dernières troupes vendéennes.

    Après l'anéantissement de l'Armée catholique et royale lors de la Virée de Galerne, le général Turreau met au point un plan visant à quadriller la Vendée militaire par douze colonnes incendiaires avec pour ordres d'exterminer tous les « brigands » ayant participé à la révolte, femmes et enfants inclus, de faire évacuer les populations neutres ou patriotes, de saisir les récoltes et les bestiaux et d'incendier les villages et les forêts, de faire de la Vendée un « cimetière national » avant de la faire repeupler par des réfugiés républicains.

    De janvier à mai 1794 les colonnes quadrillent la Vendée, certaines se livrent aux pires exactions, incendies, viols, tortures, pillages, massacres des populations souvent sans distinction d'âge, de sexe ou d'opinion politique. Ces atrocités coûtent la vie à des dizaines de milliers de personnes et valent aux colonnes incendiaires d'être surnommées « colonnes infernales ».

    Loin de mettre fin à la guerre, ces exactions provoquent de nouveaux soulèvements des paysans menés par les généraux Charette, Stofflet, Sapinaud et Marigny. Ne parvenant pas à vaincre les insurgés, dénoncé par les patriotes locaux et certains représentants en mission, Turreau finit par perdre la confiance du Comité de Salut Public, sa destitution mettant fin aux colonnes mais pas à la guerre.

  • Alors qu'il s'apprêtait à mettre ses colonne en marche, Turreau recevait une lettre du général Haxo, datée du 20 janvier 1794. Elle disait ceci :

    "Le pays qui est sous mes ordres est maintenant celui- de la liberté. Toutes les routes y sont faciles, et l'enlèvement des grains s'y fait sans obstacle. Je suis entré hier ici, deux heures après la troupe de l'adjudant-général Guillerné. Il a balayé la forêt de Prince. "

    Telle était à cette époque la Situation. En fait, tout tendait à la paix dans la basse comme dans la haute Vendée, mais le délire de Turreau devait couvrir ces contrées de cendres, de ruines et de cadavres.  
    Il promenait l'incendie et la mort, sans éprouver aucune résistance.
    Le peuple vendéen s'était endormi dans l'espoir de la paix, il fut réveillé par les flammes qui l'environnaient. 
    Il ne lui restait plus d'autre parti à prendre que de se réunir sous les bannières de ses anciens chefs, et la guerre éclata de nouveau. 

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  • Les districts et les municipalités rétablis dans toute la Haute- Vendée, avec leurs gardes nationales, témoignaient partout le même empressement à seconder les vues du général, pour arriver promptement au terme de cette affreuse guerre mais on était loin de prévoir les moyens atroces qu'il devait employer, et lorsqu'on les connut on pensa qu'ils étaient ordonnés par le comité de salut public. Celui-ci n'avait pourtant pas encore pris position dans les décisions du Général Turreau et, par conséquent, n'avait rien avalisé (voir article "L'approbation tacite des actes de Turreau").

    Aussi, chacun des chefs de corps de division reçu la directive suivante :

    Instruction relative à l'exécution des ordres donnés par le général en chef de l'armée dans l'Ouest contre les brigands de la Vendée ( 3o nivôse an II) 19 janvier 1794 

    Il sera commandé journellement et à tour de rôle un piquet de cinquante hommes pourvu de ses officiers et sous-officiers, lequel sera destiné à escorter les pionniers, et leur fera faire leur devoir. L'officier commandant ce piquet prendra tous les jours l'ordre du général avant le départ, et sera responsable envers lui de son exécution; à cet effet il agira militairement avec ceux des pionniers qui feindraient de ne point exécuter ce qu'il leur commanderait, et les passera au fil de la baïonnette.. 

    Tous brigands qui seront trouvés les armes à la main, ou convaincus de les avoir prises pour se révolter contre leur patrie, seront passés au fil de la baïonnette. On en agira de même avec les filles, femmes et enfant. qui seront dans ce cas. Les personnes, seulement suspectes, ne seront pas plus épargnées, mais aucune exécution ne pourra se faire sans que le général l'ai préalablement ordonnée. 

    Tous les villages, métairies bois, genets, et généralement tout ce qui peut être brûlé sera livré aux flammes, après cependant que l'on aura distrait des lieux qui en sont susceptibles, tontes les denrées qui y existeront mais, on le répète, ces exécutions ne pourront avoir leur effet que quand le général l'aura ordonné. Le général désignera ceux des objets qui doivent être préservés de l'incendie. 

    Il ne sera fait aucun mal, aux hommes, femmes et enfants en qui le général reconnaîtra des sentiments civiques, et qui n'auront pas participé aux révoltes des brigands de la Vendée ; il leur sera libre d'aller sur tes derrières de l'armée pour y chercher un asile on de résider dans les lieux préservés de l'incendie. Toute espèce d'armes leur sera cependant ôtée, pour être déposée dans l'endroit qui sera indiqué par le général.


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  • Chaque jour, et ce pendant toute la durée de campagne des colonnes, les représentants de chacune d'entre-elles établissaient un compte rendu détaillé par écrit au Général Turreau.

    Voici quelques exemples, sélectionnés sur les mois de janvier et février de l'année 1794. A leur lecture on pèse rapidement le poids des ressentis républicains (on en déduit d'ailleurs, parfois avec effarement, où vont leur vraies priorités) :

    - l'enthousiasme, devant le nombre de pertes humaines, quelques qu'elles soient, du côté adverse,

    - le désarroi, devant la difficulté à faire évacuer les biens et denrées pillées. Comment faire pour ne pas en laisser sur place ?!!!

    - la surprise, devant l'audace des attaques des "brigands" si peu habitués aux combats rangés.

     

    Morceaux choisis :

    Du 23 janvier : Colonne n°3 (située à Maulevrier.) 

    LES COLONNES INFERNALES"Depuis deux jours il est parti environ deux cents charretées de grains, sans compter les fourrages. Personne ne pourrait croire la quantité de grains qui se trouvent dans les environs ; on en découvre partout et j'ose t'assurer que six cents charrettes ne serviraient qu'à éclaircir le pays. 

    Je t'observe que Maulevrier, Isernay et quelques villages à un quart de lieue l'un de l'autre, composent plus de quinze cents maisons sans comprendre les métairies. Lorsque tout sera évacué, je ne veux pas qu'il en reste un vestige, et le pays sera purgé par le fer et le feu. Il ne m'échappera pas un brigand. Ce matin, je fais fusiller quatorze femmes et filles."

     

     Du 24 janvier : Colonne n° 2 (située à Bressuire). 

    La journée d'hier s'est passée à ramasser des subsistances et à brûler différents endroits. J'en aurais brûlé davantage s'il n'y avait pas eu de blés et de foins. 
    Je te préviens que les soldats cassent leurs armes en tuant à coups de baïonnette les brigands que l'on rencontre dans les genêts et dans les bois et les brigands se révoltent ; ne vaudrait-it pas mieux tes tuer à coups de fusil, cela serait plus tôt fait ? Je pars ce matin pour Cerizais, et ma colonne de gauche pour Montigny. 

    J'ai essayé de brûler les bois et les genêts, il est impossible d'en venir à bout. J'attends tes ordres pour les mettre exécution."

    Du 25 janvier : Colonne n°5 (située à La Jumelière) 

    "Je viens de donner l'ordre à d'incendier le village de Chanzeau, de même que de faire scrupuleusement la fouille des bois qui sont de ce côté. Je vais aussi faire la même opération dans tout ce qui avoisine mon quartier-général et j'aurai soin de te rendre ce soir un bon et fidèle compte de ce qui se sera passé dans la journée. 
    Je ne sais s'il y a encore des brigands dans les bois; mais les mesures que j'ai prises ne me laisseront rien ignorer. 
    J'ai reçu des nouvelles de qui a brûlé dans sa journée cinq châteaux. Je l'ai autorisé à respecter les propriétés de la citoyenne Beaurepaire dont le mari s'est immortalisé à Verdun. Je crois avoir bien fait car il n'est jamais entré dans les intentions de la republique que cette bonne citoyenne soit victime des iniquités qui se sont commises dans le village,de Joué où elle fait sa résidence." 

    Même colonne ( La Jumelière. ) plus tard dans la journée :
    "J'ai fait aujourd'hui, mon cher camarade, beaucoup de besogne. X, arrivé de sa mission, vient de me rendre compte qu'il avait incendié le village de Chanzeau et tous les hameaux et métairies qui l'environnent. Il a aussi fait fouiller les bois et n'y a rien trouvé.
    X a encore fait passer au fil de la baïonnette environ trente personnes suspectes des deux sexes. II a, dans sa marche, été obligé de faire; un exemple : Un dragon du 2e régiment, qui s'est permis d'assassiner un vieillard patriote, parce qu'il n'avait pas d'argent à lui donner, a été fusillé sur-le-champ sur la demande de toute la troupe qui a applaudi à cet acte de rigueur. Je n'ai pas désapprouvé sa conduite, car il est constant que les troupes légères se permettent des atrocités et qu'elles contribuent beaucoup a mettre de l'indiscipline dans les armées, et de tels exemples ne peuvent qu'être d'une grande utilité. 

    Du 25 janvier : Le commissaire ordonnateur Rabel. (situé à Chollet.) 

    "Tu connais citoyen général, les soins de l'Administration, sa sollicitude républicaine mais tu sentiras que, malgré tous ses efforts, elle ne peut suffire à l'enlèvement des ressources immenses et inattendues que la Vendée nous offre. Pour y parvenir, il faudrait que tes opérations fussent subordonnées à la difficulté de procurer à toutes tes colonnes les voitures qui leur sont nécessaires; et comment les rassembler dans d'aussi courts instants ? Comment faire venir d'Angers, de Sauniur, de Tours, les chevaux des dépôts d'artillerie et des charrois que nous avons demandés? Ce n'est pas de cent voitures que nous avons besoin, c'est de mille, c'est de quatre mille. Partout on nous en demande et il est impossible de s'en procurer."

    Du 5 février : Le général Duquesnoy (situé à La Roche-sur-Yon) 

    "Parti de Montaigu le 4 au matin, je n'ai pu arriver à Saint-Fulgent qu'à midi. Je me disposais à aller attaquer les brigands à Chauché, lorsque j'ai reçu une lettre de l'adjudant-général Dufour qui m'apprenait qu'il avait trouvé l'ennemi aux Essarts qu'il y était en force, et qu'il serait obligé de se rendre à Chantonnay puisqu'il ne pouvait passer pour se rendre à la roche-sur-Yon.

    Je réfléchissais sur ce mouvement de l'ennemi et sur les moyens de l'attaquer, lorsque je reçus une nouvelle lettre de Dufour qui me conjurait de marcher sur la Roche-sur-Yon où l'ennemi se portait en très grande force et chasserait probablement les troupes peu nombreuses qui tenaient ce poste. Alors je n'hésitais plus je mis ma troupe en marche et j'arrivais à huit heures du soir devant les Essarts, après avoir fouillé tous les villages à droite et à gauche de la route, à une demi-lieue de distance. 

    Comme il était très-nuit, je ne crus pas prudent de faire entrer ma troupe aux Essarts ; je l'établis au bivouac, et j'appris bientôt par un espion que l'ennemi était parti une heure avant mon arrivée. 

    Le lendemain je partis de bonne heure pour la Roche-sur-Yon, et je brûlais et tuais comme la veille. En arrivant à la Ferrière, on me dit que l'ennemi y était, je n'y trouvais que vingt-cinq des leurs qui y étaient restés après le départ de leur bande. Je me rendis à la Roche-sur-Yon que la garnison avait évacuée, crainte d'être enveloppée, après avoir rompu le pont que je fis rétablir. J'entrais dans la ville qui ressemblait à un désert j'y trouvais cependant Dufour qui venait d'y entrer par les derrieres avec quelques dragons mais qui était suivi, de douze cents hommes qu'il amenait de Chantonnay. 

    J'ai appris par mon espion, par les gens de Ferrière et par Dufour, qu'à Ferrière, Charette, La Rochejaquelein, Joly et Stofflet avaient fait leur jonction et qu'ils composaient une force de dix à douze mille hommes. Ils se sont jetés sur la droite de Ferrière en allant ,à la Roche-sur-Yon pays chéri de Charette.

    Dans ces circonstances, j'ai cru ne devoir pas agir sans te consulter ; car si, comme cela parait vraisemblable les trois bandes sont ensemble, ou pourrait prendre de plus grands moyens et employer plusieurs colonnes car je ne puis aujourd'hui diviser la mienne alors je ne pourrai pas les forcer à se battre et s'ils m'attendaient, leur nomhre pourrait l'emporter sur la valeur des soldats et sur la fermeté du général.

    Pèse ces circonstances et éclaire-moi sur mes mouvements ultérieurs. Je compte beaucoup sur tes lumières militaires et tes connaissances du genre de cette guerre dans laquelle je suis tout neuf; ainsi j'attends ta réponse."

    => Turreau ne répondra pas !

    Du 9 février : Poché, commandant la place de Cholet

    "Citoyen général depuis ton départ, Chollet a été loin d'être tranquille, les brigands ont montré une audace peu commune après quelques avantages partiels, ils ont osé venir attaquer Chollet par la route de Saumur où ils se sont déployés à la distance de cinq cents toises de nos troupes. Une terreur panique a saisi nos soldats et la déroute a commencé aussitôt que Faction.

    Menaces prières, tout a été inutile ; le brave général Moulin obligé de suivre le mouvement protégeait la retraite faisant face et chargeant les rebelles avec le peu d'hommes restés autour de lui il a été assailli dans une rue, blessé de deux balles et s'est achevé d'un coup de pistolet, pour ne pas tomber vivant entre leurs mains, voulant mourir libre.

    Ceux qui combattaient à ses côtés et dont la majeure partie étaient des officiers, ont presque tous péri ou ont été blessés. 

    Le général Caffin s'était rendu sur la route de Nantes pour y rallier les troupes. S'il n'a pu parvenir à les faire revenir sur leurs pas, du moins il en a retenu une partie jusqu'à l'arrivée de la colonne du général Cordellier qui, après avoir traversé rapidement la foule de nos fuyards, a chargé les brigands avec tant d'intrépidité qu'ils ont été forcés de sortir de Chollet plus vite qu'ils n'y étaient entrés.

    Ils ont été mis à leur tour dans la plus complète déroute; mais, dans leur fuite, ils ont blessé grièvement le général Caffin et plusieurs braves officiers. 

    L'ennemi a été maître de Cholet environ une heure. Aucun d'eux n'a osé entrer dans les maisons ; ils n'ont rien pillé. J'avais eu soin de donner des ordres pour faire filer les effets de la république sur la route de Nantes, et de ce côté nous étions tranquilles"


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  • Le Général Turreau, au moment même où il mettait ses troupes en mouvement pour l'exécution de son horrible plan, envoya la dépêche révoltante et perfide suivante, au Comité de Salut Public :

    LES COLONNES INFERNALES"Je le répète, citoyens représentants, je regarde comme indispensable la mesure de brûler villes, villages' et métairies, si l'on veut entièrement finir l'exécrable guerre de la Vendée sans quoi je ne pourrais répondre d'anéantir cette horde de brigands, qui semblent trouver chaque jour de nouvelles ressources. J'ai donc lieu d'espérer que vous l'approuverez. Je vous demande la grâce de me répondre par le même courrier.
    J'ai d'autant plus besoin de votre réponse que je me trouve dans ce moment-ci abandonné de vos collègues. Les représentants du peuple près cette armée, malgré mes sollicitations ne sont point auprès de moi. Je vous envoie copie d'une lettre que je leur ai écrite pour les y inviter. Vous verrez qu'on m'abandonne à mes propres forces, et cependant jamais général républicain n'eut plus besoin d'être étayé du pouvoir des représentants du peuple. » 

    Cette dépêche resta sans réponse. 

    Le 24 janvier, Turreau écrivit de nouveau, de Cholet, au Comité de Salut Public :

    "J'ai commencé l'exécution du plan que j'avais conçu de traverser la Vendée sur douze colonnes. Haxo, que j'ai prévenu de ce mouvement, a divisé ses forces en huit parties qui marchent à ma rencontre, et qui viendront bientôt aboutir à mes extrémités.
    Ce qui reste de rebelles, ainsi cernés, je ne crois pas qu'il en puisse échapper; c'est du moins le moyen le plus sûr de parvenir à leur parfait anéantissement.
    Mes colonnes de droite et de gauche aux ordres des généraux D. G B C et M. ont déjà fait des merveilles ; pas un rebelle n'a échappé à leurs recherches.
    Une quantité considérable de grains a été découverte et des ordres aussitôt donnés pour les faire filer sur les derrières. Ce surcroit de subsistances, qu'on ne peut encore calculer, offre à l'armée que je commande de très grandes ressources. J'espère avoir aussi bientôt à vous offrir une collection assez intéressante de vases sacrés d'ornemens d'.église et autres effets d'or et d'argent que l'on a trouves très soigneusement cachés. J'ai recommandé qu'on étende une  surveillance particulière sur les armes, et les recherches qu'on a faites à cet égard ont déjà eu quelque succès.
    LES COLONNES INFERNALESEnfin, si mes intentions sont bien secondées, il n'existera plus dans la Vendée, sous quinze jours ni maisons, ni subsistances, ni armes, ni habitants que ceux qui, cachés dans le fond des forêts auront échappé aux plus scrupuleuses perquisitions ; car, citoyens représentants, je dois vous observer que je désespère de pouvoir incendier les forêts ; et, si vous n'adoptez la mesure indispensable et unique que je vais vous proposer, elles serviront longtemps d'asile impénétrable à un grand nombre de coquins.
    Il faut que tout ce qui existe de bois de haute futaie dans la Vendée soit abattu ; on en peut faire la vente par adjudication, à charge de vider le pays dans un temps déterminé. Cette contrée ainsi découverte, la liberté des routes sera bientôt rétablie, et nos ennemis anéantis jusqu'au dernier. 
    Je vous invite citoyens représentans, à vous occuper, au plus tôt de l'arrêté à prendre à cet égard, de la réorganisation des autorités constituées, des indemnités à accorder à ceux dont les habitations sont incendiées, à charge par eux d'aller habiter une autre contrée. Il faut qu'elle soit évacuée en entier par les hommes même qu'on croit révolutionnaires, et qui, peut-être, n'ont que le masque du patriotisme. 
    Vous serez sans doute étonnés de ce qui reste encore à faire pour terminer une guerre que depuis longtemps on vous a présentée comme une chimère. Je sais combien il est défavorable pour moi d'avoir, à combattre des ennemis dont on s'acharne à nier l'existence mais je ne consulte point ma gloire ; l'intérêt public, voilà mon guide. 
    Quand j'aurai fait à ma patrie dans le grade que j'occupe le sacrifice de toutes mes facultés, je serai trop heureux  doit-on prononcer sur ma conduite un jugement défavorable.

    Encore un de pris dans nos filets : un nommé Du trehan, capitaine de cavalerie d'un corps de rebelles, sera demain fusillé par mes ordres, conjointement avec M. Melettx, notaire royal et apostolique de la paroisse de Jallais, dont le fils était trésorier de l'armée catholique et qui lui-même avait coopéré de tout son pouvoir au succès de ses saintes armes. Ils ont reconnu avoir fait partie des rebelles. 

    Voilà, citoyens représentants, la troisième lettre que je vous écris sans obtenir de réponse. Je vous prie de vouloir bien me dire si vous approuvez mes dispositions et m'instruire par un courrier extraordinaire, des nouvelles mesures que vous adopteriez afin que je m'y conforme aussitôt. 
    Je ne puis que vous donner ici l'extrait de mes idées sur les opérations à faire dans la Vendée. J'attends les représentants du peuple qu'il est indispensable d'envoyer pour leur en communiquer tous les détails ". 

    Pas plus de réponse...

    Le 31 janvier, Turreau essaya de nouveau d'obtenir l'aval du Comité :

    "J'espérais, il y a huit jours, pouvoir sous peu disposer d'un certain nombre de troupes pour une autre armée; je calculais, d'après les données différentes des officiers-généraux, sur la faiblesse des moyens et des ressources de nos ennemis.
    La guerre de la Vendée était, disait-on, finie, les brigands anéantis sur la rive droite de la Loire, le corps commandé par Charette entièrement dispersé. Westermann, après avoir détruit jusqu'au dernier des quatre-vingt mille combattants, avait dû terminer ses exploits par la mort de la Rochejaquelein ; j'étais loin cependant de croire à tant de victoires.
    Les mesures que j'ai résolu de prendre étaient la preuve de ma juste incrédulité. Les renseignements que j'ai pris n'ont fait que justifier mes pressentiments, et je suis fâché d être obligé d'accuser du mensonge le plus impudent ceux qui ont osé vous tromper ainsi.
    Quant à moi je dois à la vérité de vous dire qu'il existe encore des rassemblemens nombreux, à la tête desquels sont la Rochejaquelein, Stofflet et Charette ; ce dernier, qui n'a été que légèrement blessé à l'épaule, commande, dit-on, une horde de trois mille hommes assez mal armés.
    Croyez que, si l'on retirait les forces qui me sont nécessaires pour exécuter le plan que j'ai conçu, cette guerre renaîtrait au printemps, et le projet des chefs était bien d'employer l'hiver à se reposer.
    Sous ce rapport, je suis loin de craindre que ces rassemblements se joignent et forment une masse imposante, alors je serais sûr de les trouver, de les battre et de les écraser; mais au contraire, disséminés comme ils le sont, il est infiniment difficile de les poursuivre, encore plus de les atteindre par la connaissance parfaite que ces coquins ont du pays ils échappent à la surveillance la plus active, se cachent aux fonds des forêts, filent imperceptiblement entre les colonnes, et viennent inquiéter nos derrières. Changés en voleurs de grand chemin, les routes étant interceptées, la correspondance devient infiniment difficile.
    J'ai pris toutes les précautions nécessaires pour qu'ils ne puissent obtenir le plus léger succès. Il faut craindre de redonner du courage à leur parti. J'ai défendu qu'on place aucun poste écarté facile à battre partiellement, J'ai renvoyé sur mes derrières tous les canons je n'en ai laissé qu'aux postes capables d'en assurer la conservation. 

    Des colonnes continuent toujours leur marche ; j'ai fait passer au fil de la baïllonnette tous les rebelles épars qui n'attendaient que le nouveau signal de la rébellion. On a incendié les métairies, les villages, les bourgs; elles étaient remplies de pain qu'on paraissait cuire à l'avance pour substanter, à son passage l'armée catholique ( et l'on disait qu'ils étaient dénués de tout, tandis qu'ils n'eussent manqué de rien sans les mesures que j'ai prises ).
    On ne peut concevoir l'immensité de grains et de fourrages qu'on a trouvés dans ces métairies et cachés dans les bois. J'ai donné les ordres les plus précis pour que tout soit enlevé de ce maudit pays et porté dans les magasins de la république. Il en est parti ce matin un convoi tenant plus d'une lieue et demie, et je puis vous attester que les ressources qu'offrent ces découvertes sont incalculables ; elles seraient encore plus considérables, si les préposés aux subsistances et commissaires de district avaient mis plus d'activité dans leurs opérations. 
    Haxo vient à ma rencontre sur plusieurs colonnes ; il connaît mes dispositions, les seconde parfaitement, et j'ai lieu d'espérer qu'enfin tous les corps de rebelles seront dissous encore plus par l'impossibilité de subsister que par la force des armes. 

    II résulte de ces détails qu'il m'est impossible de disposer aussitôt d'autant de troupes que je l'avais pensé. Malgré les trois brigades que j'ai envoyées à Rossignol, il me demande encore quatre mille hommes pour une expédition importante je ne puis accéder à sa demande, je ne connais rien de plus important que le plan qui doit terminer la guerre de la Vendée. Elle n'est point finie cette malheureuse guerre. Je vous l'avais bien dit qu'il existait encore de grands coups à porter ! 

    Gardez-vous surtout citoyens représentants, de croire que je puisse chercher à prolonger le pouvoir dont vous m'avez investi. L'intérêt public est mon unique but et si tout autre que moi peut être plus utile au poste que j'occupe, je renoncerai sans peine à un grade que je n'ai point demandé et dont je n'ai jamais plus senti les désagrémens qu'aujourd'hui. L'éloignement des représentans en est une des principales causes. 

    J'ai été contraint, dans une opération aussi importante, de tout prendre sur ma responsabilité; je n'ai pas même eu l'avantage de recevoir votre approbation, et je compromettrais la réussite de mon projet si j'attendais pour agir que je je l'eusse obtenue.
    Cruelle alternative, mais qu'importe, j'ai fait ce que j'ai cru devoir faire ; ma conscience n'a rien 
    à se reprocher, et je ne doute point que vous ne rendiez justice à la pureté de mes intentions. 

    Au moins, citoyens représentants, répondez à cette dépêche. Faites-vous représenter mes précédentes lettres, jugez de ma position, de celle du genre d'ennemis que j'ai à poursuivre, et donnez-moi les conseils dont j'ai le plus pressant besoin. 
    Je commence à réunir une grande quantité d'argenterie ; je me dispose à vous l'adresser avec la liste des officiers qui m'ont remis généreusement ces divers objets. 

    J'apprends à l'instant que la blessure de Charette l'a forcé à rester caché dans une métairie; je vais tout faire pour le découvrir".

    Le comité de salut public attendait dans le silence le résultat des promesses du général Turreau. Il se décida enfin a lui adresser, le 6 février, la réponse suivante :

    "Tu te plains de n'avoir pas reçu du comité l'approbation formelle de tes mesures. Elles, lui paraissent bonnes et tes intentions pures ; mais éloigné du théâtre de tes opérations il attend les grands résultats pour prononcer dans une matière sur laquelle on l'a déjà trompé tant de fois, aussi bien que la Convention nationale.
    Les intentions du comité ont dû t'être transmises par le ministre de !a guerre. Nous nous plaignons nous-mêmes de recevoir trop rarement de tes nouvelles. Extermine les brigands jusqu'au-dernier, voilà ton devoir ; nous te prescrivons surtout de ne pas laisser une seule arme à feu dans les départements qui ont participé à la révolte et qui pourraient s'en servir encore. Armes-en les soldats de la liberté.
    Nous regarderons comme traîtres tous les généraux, tous les individus qui songeraient au repos, avant que la destruction des révoltés soit entièrement consommée.
    Encore une fois, recueille toutes les armes et fais passer ici sans délai toutes celles qui ont besoin de réparations. Nous t'envoyons un arrêté qui paraît propre à seconder tes vues."

    Arrêté du comité de salut public du 6 février 1794
    Le comité délibérant sur la situation actuelle dé la Vendée
     
    Article Ier.
    Il sera proposé à la Convention nationale de décréter: que tous les citoyens qui ont participé à la révolte de la Vendée, seront tenus de déposer, sous vingt-quatre heures leurs armes à feu de quelque espèce qu'elles soient, et qui ne font point partie des troupes soldées, entre les mains des agens nationaux, et ceux-ci entre celles de l'autorité militaire dans l'espace d'une décade tes citoyens ou agens nationaux, réfractaires à, cette loi, seront punis de mort par une 
    commission militaire.

    Article II.
    Chaque' bataillon conservera une seule pièce de canon on fera passer toutes es autres dans les places fortes. Il sera réservé seulement un quart au plus de l'artillerie légère et de celle de position ; un autre quart sera renvoyé sur les derrières de l'armée, dans les places fortes, et tout le reste sera envoyé sans délai à l'armée des Pyrénées-Occidentales. 

    Article III.
    Les ennemis seront poursuivis sans relâche jusqu'à entière destruction. Les généraux qui ne mettraient pas dans cette expédition toute l'activité possible, seront dénoncés comme ennemis de la patrie Les subsistances seront saisies partout et envoyées aux armées et dans les places fortes ; il en sera de même des bestiaux et des chevaux propres au service des troupes et de tout ce qui peut être utile à leur entretien.
    Article IV.
    Il sera proposé à la Convention nationale de faire remplacer Carrier qui demande son rappel par un autre représentant. Prieur de la Marne sera chargé de le remplacer. 
    Le rapport sur la conduite de Westermann sera fait dans le plus court délai. 

    Pour copie conforme, le général chef de l'état-major général, Signé ROBERT." 

    Cet arrête fut transmis, le 10, aux généraux de l'armée

    En guise d'explication, le général en chef Turreau répondit aussitôt au comité de salut public, de Nantes :

    "Les rassemblemens de brigands devenant chaque jour plus nombreux et plus inquiétants par leur audace j'ai cru devoir diminuer le nombre de mes colonnes et de mes postes pour renforcer les uns et les autres.
    Les routes étant pour la plupart coupées par des partis de brigands, la correspondance devenant de jour en jour plus difficile, j'avais quitté Cholet, après y avoir laissé une quantité suffisante de troupes pour le défendre un général sur le courage, l'activité et les talents duquel j'avais lieu de compter.
    J'étais parti de Chollet à la tête de la colonne du centre, et j'avais attaqué et repris Tiffauge. 
    Arrivé à Mortaigu, je remis au général Duquesnoy le commandement de cette colonne, qui, secondée d'un côté par la colonne de l'adjudant-général Dufour, de l'autre par les généraux Haxo et Dutruy devait poursuivre sans relâche l'armée de Charette, que le rapport du général Bard portait à plus de dix mille hommes à qui surtout la position du Bocage prêtait de nouvelles forces. 
    Après avoir donné aux différents chefs de colonne les instructions qui se sont trouvées conformes à l'arrêté que vous m'avez envoyé, et qui n'était qu'une conséquence de la loi du mois d'août, je  m'étais rendu momentanément à Nantes ou m'appelaient plusieurs opérations relatives à la défense des côtes et aux autres points de mon commandement, et lorsque j'ai cru plus convenable de faire parvenir par Montaigu une grande partie des subsistances, plus sûr d'établir par cet endroit ma correspondance avec les généraux, j'ai résolu de fixer à Nantes mon quartier-général.
    En quittant Chollet, poste très-mauvais et que j'aurais déjà brûlé s'il n'avait pas été réservé par un décret de la Convention nationale, j'avais suffisamment pourvu à sa sûreté. 

    LES COLONNES INFERNALESLe brave Moulin le jeune, chargé de commander les cinq mille hommes qui s'y trouvaient stationnés, méritait toute la confiance que j'avais en lui je savais qu'il ne quitterait ce poste qu'avec la vie. 
    La marche des rebelles, sous les ordres de la Rochejaquelein, du côté de, cette ville me causait néanmoins la plus grande inquiétude.
    L'exemple de la lâcheté de quelques bataillons me faisait craindre l'effet de la terreur qui semble précéder les pas des brigands. Malgré les troupes préparées à leur résister, j'ordonnai au général Cordellier, alors à Tiffauge, de se porter sur-le-champ à Cholet avec deux mille hommes de l'armée du nord. 
    À une lieue de cet endroit, Cordellier vit toute la division de Moulin dans une déroute complète, et poursuivie sur la route de Nantes par quelques milliers de brigands, en grande partie sans armes, qui avaient eu l'audace de fondre sur un poste garanti par tant de forces.
    Tout allait être en leur pouvoir, munitions de guerre et de bouche, lorsque les troupes du nord précédées par les chasseurs francs fondant sur ces coquins avec la rapidité de l'éclair les contraignirent bientôt à ne songer qu'à fuir.
    Rien alors ne put les faire échapper à la vengeance des soldats dignes de porter le nom de républicains on a fait de ces scélérats une si grande boucherie, qu'on n'a pu compter le nombre des morts.
    Cette victoire, on ne peut plus importante a cependant coûté bien cher à la république par la perte du général de brigade Moulin le jeune. Je le pleure bien moins comme mon ami que comme un des plus braves soldats, des plus habiles officiers et des plus purs républicains qui existent.
    Indigné de la lâcheté de ses troupes, Moulin fait de vains efforts pour les rallier se précipite au-devant de l'ennemi pour les encourager par son exemple, il est atteint d'une balle, et, prêt à tomber entre les mains des brigands se fait sauter la cervelle du dernier coup de pistolet qui lui restait à tirer.
    Je ne doute point que la Convention nationale ne sache apprécier cet acte d'héroïsme ; mais les mânes du courageux Moulin appellent la vengeance des lois contre les lâches qui ont fui dans cette mémorable journée ; et si l'on ne punit pas de mort les officiers qui auront pu donner l'exempte de cette déroute, je n'aurai plus de soldats sur lesquels je puisse compter.

    L'intérêt public exige, citoyens représentans, que la Convention nationale décrète sur-le-champ que Cholet, malgré le patriotisme de ses habitans, ne sera point excepté de l'incendie général. Ce poste est si mauvais, qu'on ne peut en répondre, même avec des forces supérieures à celles de l'ennemi. Mortagne, dans une position heureuse, deviendra le point central des opérations de la Vendée. 

    Je ne calcule point les intérêts particuliers lésés par cette mesure, la république est en état de dédommager les patriotes de la perte de leurs propriétés. Je le répète tant que Cholet existera, il sera le théâtre des incursions des rebelles et le tombeau de nos soldats. Combien n'eussent pas péri dernièrement sans l'ordre que la prudence m'engagea de donner à la colonne de Cordellier?
    Aujourd'hui qu'une triste expérience m'a mis à portée de juger du nombre des rebelles qui existent encore, je dénonce formellement à la Convention nationale les ignorants, les fripons, les intrigants et les traîtres qui n'ont cessé de tromper sur la véritable situation de la Vendée; qui ont fait diminuer par leurs faux rapports les secours destinés à rétablir le calme dans cet abominable pays.
    J'avais raison de dire depuis longtemps que la guerre de la Vendée n'était qu'assoupie ; qu'elle serait devenue plus terrible que jamais, si on ne se fût empressé d'adopter de grandes mesures. II faut encore passer vingt  mille de ces scélérats au fil de la baïonnette. Je ferai tout pour terminer ; mais j'ai le plus grand besoin, pour y parvenir, du concours des représentants du peuple, qui veuillent bien m'aider de leurs conseils et de leur autorité. 

    Le désarmement s'exécute, les subsistances abondent dans nos magasins et, sans la négligence des employés les intentions du comité de salut public eussent été mieux secondées.

    J'ai reçu avec plaisir l'approbation que vous avez donnée aux mesures que j'ai prises. Rien ne pourra altérer mon attachement à la cause sacrée que j'ai résolu de défendre jusqu'à la mort. Réponse, je vous prie par le même courrier relativement à Chollet. 

    Post-scriptum :

    La marche des colonnes depuis Doué a détruit plus de six mille brigands avant qu'il fût nécessaire de changer de mesure pour s'opposer à leurs nouveaux rassemblements. 

    Le citoyen Francastel m'apprend à l'instant qu'il a instruit le comité de salut public de différents faits alarmants ; je suis surpris qu'il n'ait pas cherché à s'instruire de la vérité des détails qui lui ont été donnés par des hommes qui certainement n'étaient pas aux différentes affaires qui ont eu lieu.
    S'il m'eût écrit plus tôt, je lui aurais appris que Cholet, occupé par les rebelles avait été une heure après leur tombeau ; que l'échec éprouvé par Carpentier, que j'avais chargé d'occuper le poste de Vihiers pour entretenir la communication avec Saumur, n'avait aucune influence désavantageuse.
    Le citoyen Francastel parait douter des précautions que j'ai prises assurer Ia rive droite de la Loire. J'ai remis à cet égard au général Kleber, des instructions assez précise pour ôter toute inquiétude. Quant à la rive gauche, je n'ai cru devoir conserver que le poste de Saint-Florent et il est assuré. Si l'on veut me faire d'autres reproches, j'y répondrai, si vous croyez qu'ils puissent mériter quelque attention.
    Lorsque ma présence fut nécessaire à la rive droite de la Loire, dans le temps qu'on poursuivait les brigands de ce côté, quoiqu'on me dit alors qu'il n'y avait aucuns rassemblements dans la Vendée, je pris toutes les précautions possibles pour assurer les postes qui y étaient, et j'y serais entré beaucoup plus tôt, si, comme je m'en suis plaint, on n'eût pas fait faire à la colonne du nord un très grand détour fort inutile.
    Le fait est qu'on vous a trompé longtemps, et qu'on m'a trompé moi-même sur la situation des rebelles mais actuellement j'ai vu, et j'agis."
     
    Turreau rendit au ministre un compte moins détaillé mais formé sur le même canevas. Il ajoutait :

    "Je dénonce à la Convention nationale, à la France entière, les généraux perfides qui ont osé dire faire imprimer même, qu'il n'y avait plus de Vendée; et moi je soutiens que cette guerre n'est pas finie et qu'il y a encore trente mille brigands à détruire.

    Tu n'apprendras pas sans indignation citoyen ministre, que cinq mille soldats, qui se disent républicains, ont fui devant quatre mille brigands qui n'étaient pas tous armés. 

    Tu voudras bien communiquer cette lettre à la Convention." 

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