• Les trois batailles de Luçon

    Première bataille (28 juin 1793)

    La défaite devant Luçon.jpg
    La défaite devant Luçon, gravure de Tom Drake.
     
    Issue Victoire républicaine
    Belligérants
    Flag of France.svg Républicains Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
    Commandants
    Claude Sandoz Charles de Royrand
    Charles Sapinaud de La Rairie
    Forces en présence
    1 800 hommes
    2 canons
    6 000 hommes
    2 canons
    Pertes
    4 morts
    12 blessés
    inconnues
    120 prisonniers
    1 canon perdu

    Prélude

    Pendant que le gros de l'armée vendéenne préparait l'attaque de Nantes, Royrand, général de l'armée du centre tenta de lancer une diversion en s'emparant de Luçon. Après avoir réuni 6 000 hommes à Chantonnay, Royrand attaqua la place le 28 juin à 5 heures de l'après-midi. Sandoz, qui défendait la ville, avait déployé ses troupes sur la plaine devant la ville.

    La bataille

    Cependant les Républicains étaient en nette infériorité numérique, aussi le centre et le flanc gauche commandé prirent la fuite. Le général Sandoz lui-même déserta également le champ de bataille. En revanche, le capitaine de dragons Boissière parvint à résister aux attaques vendéennes, il mit les 500 hommes qui lui restait en formation carrée. À ce moment, 150 soldats de l'ancien régiment de Provence, qui avaient déserté pour rejoindre les Vendéens, changèrent une nouvelle fois de camp et retournèrent leurs armes contre les Vendéens. Ce mouvement jeta la confusion chez ces derniers qui prirent la fuite à la tombée de la nuit, poursuivis par les Républicains.

    La victoire était républicaine mais le général Sandoz, qui avait pris la fuite, fut rappelé à Paris où il passa devant un tribunal militaire qui finalement l'acquitta.

    Les pertes des Républicains furent de 4 morts et 12 blessés selon le rapport officiel, les Républicains portèrent les pertes vendéennes à 300 morts, nombre cependant probablement exagéré.


    Deuxième bataille (30 juillet 1793)

    Bataillon carré Républicains au combat.jpg

    Le Bataillon carré, fantassins et artilleurs républicains au combat, par Myrbach

     
    Issue Victoire républicaine
    Belligérants
    Flag of France.svg Républicains Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
    Commandants
    • Augustin Tuncq  • Maurice d'Elbée
    • Charles de Royrand
    • Louis de Lescure
    • Henri de La Rochejaquelein
    • Prince de Talmont
    Forces en présence
    2 400 hommes 15 000 hommes
    Pertes
    ~ 10 morts
    ~ 20 blessés
    inconnues
    160 prisonniers

    Prélude 

    Le 25 juillet, le général Augustin Tuncq, remplaçant du général Sandoz à Luçon, lança avec 1 500 hommes une attaque de nuit sur Saint-Philbert-du-Pont-Charrault. L'expédition réussit et les Vendéens refluèrent tandis que Charles Sapinaud de La Verrie était tué. Les Républicains s'emparèrent ensuite de Chantonnay . Cependant Tuncq, contrairement à son prédécesseur, s'opposa aux pillages, une mesure qui le rendit impopulaire auprès de beaucoup de ses hommes.

    Charles de Royrand, chef des Vendéens de l'armée du Centre, se replia alors sur Montaigu avec 1 500 hommes, puis écrivit à d'Elbée pour lui demander des renforts. Le général en chef des Vendéens, secondé par Lescure, La Rochejaquelein et Talmont, rejoignit lui-même l'armée de Royrand à la tête de 15 000 hommes.

    Prévenu de l'arrivée imminente de la grande armée catholique et royale, Tuncq évacua Chantonnay après l'avoir incendiée. De son côté d'Elbée, résolu à prendre Luçon, se lança à sa poursuite et le rejoignit devant la ville le 30 juillet.

    La bataille 

    À midi la bataille s'engagea sur la plaine par des tirs de l'artillerie vendéenne qui fit fléchir les premières lignes républicaines. Craignant que ses troupes ne prennent la fuite, Tuncq déploya sa propre artillerie en réponse et ordonna aux troupes du flanc gauche d'effectuer un mouvement de retraite tandis que les hussards républicains engageaient la cavalerie vendéenne du prince de Talmont dans un combat indécis.

    Cependant à la vue de la retraite des Républicains, les Vendéens crurent que ceux-ci se redéployaient pour les prendre à revers et prirent la fuite. Inexplicablement la panique se propagea dans leurs rangs, et bientôt l'armée vendéenne tout entière finit par prendre la fuite.

    Tuncq lança alors une contre-charge générale avec presque toutes ses troupes. Cependant Talmont, avec ses cavaliers, parvint à contenir l'attaque des hussards et à protéger la retraite de l'armée.

    Les pertes républicaines furent d'environ 10 morts et 20 blessés, les Républicains portèrent à 2 000 les pertes vendéennes. Ce nombre est cependant contredit par les rapports vendéens qui, s'ils ne précisent pas le nombre de tués, indiquent n'avoir perdu que peu de monde

     

    Troisième bataille (14 août 1793)

    Bataille de Luçon.jpg
    La défaite des Vendéens devant Luçon, gravure de Tom Drake.
     
    Issue Victoire républicaine
    Belligérants
    Flag of France.svg Républicains Armée catholique et royale de Vendée Vendéens
    Commandants
    • Augustin Tuncq • Maurice d'Elbée
    • François-Athanase de Charette
    • Louis de Lescure
    • Henri de La Rochejaquelein
    • Charles de Royrand
    • Prince de Talmont
    • Gaspard de Marigny
    Forces en présence
    6 000 hommes
    14 canons
    35 000 hommes
    17 canons
    Pertes
    100 morts
    400 blessés
    1 500 morts
    4 000 blessés
    32 prisonniers (fusillés)
    17 canons perdus

    Prélude

    Après son échec à la deuxième bataille de Luçon, l'état-major vendéen se réunissait au château de La Boulaye, à Châtillon-sur-Sèvre. Un émissaire, ancien membre de l'Association bretonne, se présenta aux Vendéens porteur de lettres écrites par Henry Dundas. Ce fut le premier contact des Vendéens avec le gouvernement britannique. Celui-ci demandait aux Vendéens de franchir la Loire et de prendre un port dans les côtes du nord de la Bretagne, afin de pouvoir faire débarquer des troupes. Il demanda également quelques informations sur les plans, les forces et les objectifs des Vendéens. Tinténiac repartit ensuite pour la Grande-Bretagne, porteur de la réponse des Vendéens qui demandaient au comte de Provence et au comte d'Artois de débarquer dans l'Ouest à la tête de soldats de l'armée des émigrés.

    Cependant, les officiers vendéens étaient divisés, concernant la suite des opérations. Bonchamps et Talmont étaient favorables au plan anglais. En revanche, le général en chef Maurice d'Elbée, soutenu par Lescure, estimait qu'après la défaite de Nantes, une nouvelle tentative de passage au nord de la Loire serait difficile : l'armée avait besoin de poudre et de munitions et les villes du sud semblaient plus vulnérables. Aussi fut-il décidé de venger la défaite de Luçon.

    D'Elbée fit appel à l'armée du Centre et l'armée du Bas-Poitou, commandées respectivement par Royrand et Charette. Les trois armées se réunirent à Chantonnay, puis marchèrent sur Luçon, tandis que Charles de Bonchamps restait au nord afin de protéger l'Anjou.

    À Luçon, le général Augustin Tuncq venait d'être destitué par Jean Antoine Rossignol, le général en chef de l'armée des côtes de La Rochelle, à cause des nombreux conflits qui l'opposaient à ce dernier. Cependant, le 13 août, les républicains apprirent que les Vendéens marchaient sur Luçon. Aussi, les représentants en mission Jean François Marie Goupilleau de Fontenay et François-Louis Bourdon le maintinrent dans son commandement pour repousser les Vendéens.

    La bataille

    C'est à l'auberge du Bon Pasteur (qui reçut également, le 8 août 1808 l'empereur Napoléon) à Sainte-Hermine, que se retrouvèrent les généraux vendéens, afin de préparer le plan d'attaque de la ville de Luçon. On prête à Charette cette phrase téméraire : « Je puis prendre la ville seul ».

    Le 14 août, à 5 heures du matin, les Vendéens étaient devant Luçon. D'Elbée,Royrand, La Rochejaquelein occupaient le flanc gauche, Lescure et Marigny le centre, François-Athanase de Charette et Joly le flanc droit. Le plan d'attaque adopté avait été établi par Lescure : il s'agissait de lancer plusieurs attaques à différents échelons.

    Tuncq déploya ses troupes dans la plaine, au nord de la ville. Bien qu'elles fussent déjà très inférieures en nombre, il tenta de faire croire aux Vendéens qu'il avait encore moins d'hommes : le terrain était à son avantage, il cacha son artillerie au centre derrière un bataillon, d'autres soldats étaient couchés au sol. Face à la charge des Vendéens, les fantassins républicains ouvrirent le feu, puis se replièrent vers la ville.

    L'artillerie républicaine ouvrit le feu à son tour, causant de grandes pertes aux Vendéens et freinant leur avance. Mais Charette, épargné par les tirs d'artillerie, progressa beaucoup plus vite que le reste de l'armée, tandis que la cavalerie de Talmont s'était empêtrée dans l'artillerie de Marigny. D'Elbée se redéploya alors au centre, afin d'appuyer Royrand, tandis que La Rochejaquelein s'était égaré. Une grande confusion et un manque de coordination régnait dans les rangs vendéens. Tuncq lança alors la contre-attaque ; il délaissa Charette et attaqua le centre. Les Vendéens cédèrent à la panique, poursuivis la cavalerie républicaine. Charette, se retrouvant isolé, fut forcé de battre en retraite, pour ne pas se retrouver à combattre contre toutes les forces républicaines. Les Vendéens se replièrent jusqu'à Chantonnay, laissant de nombreux tués sur le terrain, dont Baudry d'Asson. Selon les mémoires de Victoire de Donnissan de La Rochejaquelein les Vendéens perdirent 1 500 hommes dans cette bataille qui fut la plus désastreuse de toutes celles qui s'étaient déroulées jusqu'à présent.

    Les Vendéens se réunirent à Chantonnay, mais les officiers vendéens se rejetèrent les uns les autres la responsabilité de la défaite. D'Elbée estima que la déroute était due au plan de Lescure, celui-ci répliqua à d'Elbée qu'il l'avait approuvé. Charette reprocha à l'armée d'Anjou d'avoir abandonné le champ de bataille. De même, des officiers de l'armée d'Anjou reprochèrent à Royrand d'avoir enrôlé des paroisses protestantes généralement républicaines. Finalement, les chefs se séparèrent aigris.

    Tuncq avait repoussé les Vendéens à deux reprises à Luçon. En conséquence, il fut confirmé dans son commandement et promu au grade de général de division.


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